Ferrari 288 GTO : forces, faiblesses et héritage de la première hypercar Ferrari

Ferrari lance une hypercar environ une fois par décennie. Et tout a commencé en 1984 avec la Ferrari 288 GTO, que Maranello appelle simplement GTO. Sur le papier, une 308 GTB étirée. En réalité, la première pierre d’une lignée qui mènera à la F40, la F50, l’Enzo et la LaFerrari. Que valait-elle vraiment, et comment l’histoire l’a-t-elle jugée ?

Ferrari 288 GTO rouge au premier plan devant une F40, deux F50 jaune et rouge, une Enzo et une LaFerrari noire
La 288 GTO devant ses descendantes : F40, F50, Enzo et LaFerrari. Photo : John Wycherley pour Top Gear

La genèse de la 288 GTO

La GTO devait à l’origine courir en Groupe B. Ferrari a poursuivi le projet même après l’interdiction de cette catégorie par la FIA, jugée trop dangereuse. Le développement est confié à Nicola Materazzi, le « Monsieur Turbo » italien, qui avait déjà remis la Scuderia sur les rails au début des années 80. « Il n’y avait pas de consigne précise, seulement produire une voiture basée sur la 308 GTB qui puisse courir », se souvenait Leonardo Fioravanti, designer vedette de Pininfarina.

Le docteur Harvey Postlethwaite, fraîchement arrivé de la F1, pousse le projet bien plus loin, avec des composites et du Kevlar issus de la Formule 1 habillant un châssis en acier haute résistance. Pour tout savoir sur sa descendante directe, lisez notre dossier sur la Ferrari F40.

Un V8 biturbo en position longitudinale

Le chiffre 288 désigne le moteur : un V8 de 2,8 litres et 400 ch, monté en position longitudinale et non transversale comme sur la 308, pour loger ses deux turbos IHI et ses échangeurs Behr. Il a été développé en parallèle de la Lancia LC2 du Groupe C. L’empattement est allongé de 110 mm et les voies élargies : la GTO n’est plus une 308 sous stéroïdes, mais une voiture à part entière, pourtant plus courte au total.

Moteur V8 biturbo de la Ferrari 288 GTO à couvre-culasses rouges sous le capot arrière
Le V8 biturbo de 2,8 litres monté en position longitudinale. Photo : John Wycherley pour Top Gear

Ce qu’elle a réussi

Presque tout. Quarante ans plus tard, elle coche toutes les cases de l’expérience analogique que l’on recherche aujourd’hui. Elle est moins intimidante qu’une F40, même avec la même première en bas à gauche. Son amortissement est remarquable, et une fois les turbos en pression au-delà de 4 000 tr/min, elle devient vivante, électrique. Avec 305 km/h en pointe, elle a été la voiture de série la plus rapide du monde jusqu’à l’arrivée de la Porsche 959.

Et puis il y a sa ligne : ailes avant galbées, grandes prises NACA, hanches marquées et phares escamotables. Une beauté que beaucoup d’hypercars n’ont pas.

Ce qu’elle a moins bien réussi

La GTO ne renie pas complètement ses racines des années 70. Elle manque de rigidité et d’intensité face à celles qui ont suivi. Son V8 à vilebrequin plat tourne au ralenti comme un quatre cylindres, vibre et se montre très mécanique. Embrayage lourd et direction sans assistance demandent de l’engagement. L’habitacle est étroit pour les grands, le moteur collé à la cloison en Kevlar et Nomex, et la position de conduite atypique.

Habitacle de la Ferrari 288 GTO avec volant à trois branches et instrumentation des années 80
Un poste de conduite typiquement années 80, un peu étroit pour les grands gabarits. Photo : John Wycherley pour Top Gear

Le jugement de l’histoire

Il fallait 200 exemplaires pour l’homologation, Ferrari en a construit 272. Elle reste à ce jour la plus rare de la lignée des hypercars de Maranello, et son nom suffit à la placer au sommet des collections. Vendue 73 000 £ au Royaume-Uni en 1984, elle peut aujourd’hui atteindre 3,5 millions de livres selon Top Gear. Pour situer ces montants, voyez notre classement des Ferrari les plus chères du marché.

A lire : Ferrari 308 GTSi Quattrovalvole avec body kit de 288 GTO

Fiche technique de la Ferrari 288 GTO

CaractéristiqueValeur
MoteurV8 biturbo longitudinal, 2 855 cm³
Puissance400 ch à 7 000 tr/min
Couple496 Nm
Poids à sec1 160 kg
0 à 100 km/h4,8 s
Vitesse maximale305 km/h
Production272 exemplaires

La mère de toutes les hypercars Ferrari

La 288 GTO n’est peut-être pas la plus spectaculaire de la famille, mais elle en est la fondatrice. Sans elle, pas de F40. Belle, rare et plus accessible à conduire que ses descendantes, elle mérite pleinement sa place parmi les plus grandes Ferrari.

Photos : John Wycherley. Source : Top Gear.

Questions fréquentes sur la Ferrari 288 GTO

Qu’est-ce que la Ferrari 288 GTO ?

C’est une supercar Ferrari présentée en 1984, dérivée de la 308 GTB et conçue à l’origine pour le Groupe B. Elle est considérée comme la première hypercar de Maranello.

Combien de Ferrari 288 GTO ont été produites ?

272 exemplaires, alors que 200 suffisaient pour l’homologation en Groupe B.

Quel moteur équipe la Ferrari 288 GTO ?

Un V8 biturbo de 2 855 cm³ monté en position longitudinale, avec deux turbos IHI, développant 400 ch à 7 000 tr/min.

Quelle est la différence entre la 288 GTO et la F40 ?

La F40 de 1987 est l’évolution de la 288 GTO : plus puissante avec 478 ch, plus légère et plus radicale, elle reprend le principe du V8 biturbo longitudinal.

Pourquoi la 288 GTO n’a-t-elle jamais couru en Groupe B ?

La FIA a supprimé le Groupe B après la saison 1986, jugeant la catégorie trop dangereuse. Ferrari a malgré tout produit la voiture pour la route.

Laisser un commentaire