En 1965, une grosse Pontiac de près de deux tonnes a humilié une Ferrari lors d’un essai comparatif officiel. Une histoire que Maranello n’a sans doute pas oubliée. La voiture en question n’est pas la GTO, mais sa grande sœur, la Pontiac Catalina 2+2, une full-size à gros V8 restée dans l’ombre de la petite star de la marque.

Une grande sœur pour la Pontiac GTO
La GTO de 1964 est un succès immédiat, souvent considérée comme la voiture qui a lancé la mode des muscle cars. Pontiac veut capitaliser et imagine une version plus grande et plus luxueuse, sur la plateforme full-size B-body. L’astuce permet aussi de contourner une règle interne de General Motors qui limitait les intermédiaires à 400 pouces cubes : dans une grande Pontiac, on peut loger un V8 bien plus gros.

Surnommée « la GTO pour adultes », la Catalina 2+2 combine espace, confort et grosse cavalerie. Le problème, c’est que le public visé n’existait pas vraiment : les adultes préféraient des voitures plus raisonnables et les jeunes voulaient des modèles plus petits et plus légers.
La Catalina 2+2 de 1965 et son V8 421
Sous le capot, on trouve un V8 421 (6,9 litres). Dans sa version Tri-Power H.O., à trois carburateurs double corps, il est annoncé à 376 hp et 459 lb-ft, soit environ 622 Nm. A titre de comparaison, la GTO la plus puissante de 1965, avec son 389 Tri-Power, affiche 360 hp et 424 lb-ft.

La 2+2 ne se limite pas au moteur : ligne semi-fastback, ouïes sur les ailes, voies larges, suspension renforcée avec ressorts plus fermes et barre antiroulis avant plus épaisse, pont 3,42 et double échappement. Côté boîte, on a le choix entre une automatique Turbo Hydra-Matic à 3 rapports, une manuelle Muncie à 4 rapports renforcée ou une 3 rapports avec levier Hurst au plancher. Direction assistée à démultiplication rapide, tambours en aluminium à huit fixations intégrés aux jantes et différentiel autobloquant Saf-T-Track en option complètent le tableau.

Le duel contre la Ferrari 330 GT 2+2
Une histoire de GTO
Ce face-à-face n’a rien d’un hasard. En baptisant sa muscle car GTO dès 1964, Pontiac, sous la houlette de John DeLorean, avait provoqué les puristes : chez Ferrari, la 250 GTO était la référence des courses de grand tourisme. Le magazine Car and Driver avait donc voulu opposer les deux GTO. Mais la 250 GTO prévue, celle de Bob Grossman, était trop fatiguée après une saison de course, et aucune autre n’était disponible. Le magazine s’était contenté d’essayer seul une GTO préparée par le concessionnaire Royal Pontiac, en concluant qu’elle gagnerait en ligne droite et la Ferrari sur circuit.

1965 : la revanche sur la piste de Bridgehampton
Un an plus tard, Car and Driver organise enfin son duel, cette fois entre une Ferrari 330 GT 2+2 et une Catalina 2+2 préparée par Royal Pontiac, à Royal Oak dans le Michigan. La Ferrari n’a rien d’une victime : V12 Colombo de 4,0 litres, environ 300 ch et une vitesse de pointe annoncée autour de 245 km/h. Elle coûte aussi bien plus cher que la Pontiac, dont le prix tournait autour du quart de celui de la Ferrari.
Au volant de la Pontiac, le pilote Walt Hansgen. Résultat : la 2+2 laisse la Ferrari sur place en accélération. Car and Driver annonce un 0 à 96 km/h en 3,8 secondes et un 400 m en 13,8 secondes à 170 km/h. Sur le circuit de Bridgehampton, la grosse américaine, pourtant nettement plus lourde, reste à environ une demi-seconde de la Ferrari au tour.

Des chiffres à prendre avec des pincettes
Ce 0 à 96 km/h a toujours fait débattre. D’autres essais de la même époque, menés par Motor Trend et Car Life sur des 2+2 de série à moteur 421, donnaient plutôt 7 à 8 secondes. La voiture de Car and Driver avait reçu une préparation de Royal Pontiac et était entourée de ses mécaniciens. Pour Ferrari, l’affront restait pourtant bien réel. Si l’univers des grosses américaines vous plaît, découvrez aussi notre top 10 des meilleures voitures américaines anciennes.

A lire : Pontiac Trans Am WS6 : le rendu d’un retour moderne à moteur de Corvette
Une tueuse de Ferrari restée dans l’ombre de la GTO
La Catalina 2+2 est aussi nettement plus rare que sa petite sœur. Les historiens estiment sa production à environ 11 520 exemplaires en 1965, puis 6 383 en 1966 et seulement 1 768 en 1967. Dans le même temps, Pontiac écoulait plus de 75 000 GTO rien qu’en 1965. Résultat, la 2+2 reste aujourd’hui bien moins cotée que la GTO, alors qu’elle a mieux à raconter qu’une simple fiche technique.
Catalina 2+2 contre GTO et Ferrari 330 GT 2+2
| Caractéristique | Pontiac Catalina 2+2 1965 | Pontiac GTO 1965 | Ferrari 330 GT 2+2 |
|---|---|---|---|
| Moteur | V8 421 Tri-Power H.O. (6,9 l) | V8 389 Tri-Power (6,4 l) | V12 Colombo (4,0 l) |
| Puissance annoncée | 376 hp | 360 hp | Environ 300 ch |
| Couple annoncé | 459 lb-ft (env. 622 Nm) | 424 lb-ft (env. 575 Nm) | Non communiqué ici |
| Plateforme | Full-size B-body | Intermédiaire A-body | Coupé 2+2 |
| Production 1965 | Environ 11 520 | Plus de 75 000 | Non communiquée ici |
Il est temps de sortir de l’ombre
La Catalina 2+2 a tout de la muscle car à histoire : un gros V8 Tri-Power, un essai mythique face à Ferrari et une production confidentielle. Elle n’a simplement pas eu la chance de porter les trois lettres qui font rêver. Pour un amateur de grosses Pontiac, c’est justement ce qui la rend si intéressante.
Source : HotCars.
Questions fréquentes sur la Pontiac Catalina 2+2
C’est une version sportive de la grande Pontiac Catalina, sur plateforme full-size B-body, lancée comme grande sœur de la GTO. En 1965, elle recevait un V8 421 pouvant atteindre 376 hp en version Tri-Power H.O.
Oui, lors d’un essai comparatif de Car and Driver en 1965 face à une Ferrari 330 GT 2+2. La Pontiac, préparée par Royal Pontiac, a été bien plus rapide en accélération, mais ses chiffres sont contestés par d’autres essais de l’époque.
La GTO reposait sur la plateforme intermédiaire A-body, limitée à 400 pouces cubes par GM. La Catalina 2+2 utilisait la grande plateforme B-body, ce qui permettait d’installer le V8 421, plus gros et plus coupleux.
Environ 11 520 exemplaires en 1965, 6 383 en 1966 et seulement 1 768 en 1967, contre plus de 75 000 GTO pour la seule année 1965.
Un V8 421 de 6,9 litres. En version Tri-Power H.O., à trois carburateurs double corps, il était annoncé à 376 hp et 459 lb-ft, soit environ 622 Nm.







