La DB12, une Aston Martin qui revendique le titre de GT ultime

Aston Martin a toujours cultivé un rapport particulier entre performance et élégance. Depuis la DB4 des années 1950 jusqu’à la DB11, chaque génération a cherché à trouver cet équilibre délicat entre grand tourisme et voiture de sport. Avec la DB12, présentée en 2023 et toujours au catalogue en 2026, la marque britannique franchit un cap supplémentaire. Elle n’hésite pas à employer le terme de “super tourer” pour la désigner, une catégorie qu’elle revendique avoir inventée pour l’occasion.
Derrière cette affirmation se cache une voiture profondément revue par rapport à la DB11 : nouveau moteur, habitacle repensé, électronique modernisée. Sur le papier, la DB12 coche toutes les cases. Mais dans un segment où la Porsche 911 Turbo S et la Ferrari Roma jouent des coudes, les promesses doivent se vérifier au volant et dans les détails du quotidien. C’est précisément ce que cet article cherche à démêler.
Résumé de l’article
Dans ce guide, vous trouverez la fiche technique complète de l’Aston Martin DB12, avec tous les chiffres utiles sur le moteur V8 biturbo, les performances et les dimensions. On aborde ensuite le design extérieur et intérieur, les sensations de conduite sans langue de bois, puis un comparatif factuel face à la Porsche 911 Turbo S, la Ferrari Roma et la Bentley Continental GT. La section prix couvre le neuf, l’occasion et les solutions de financement disponibles en 2026, avant un avis final honnête sur le profil d’acheteur réellement concerné. Bonne lecture.
Fiche technique de l’Aston Martin DB12 : ce que le moteur V8 a dans le ventre

Moteur, puissance et transmission
Le coeur de la DB12 est un V8 biturbo de 4,0 litres développé en collaboration avec Mercedes-AMG. Ce moteur produit 680 chevaux et un couple de 800 Nm, disponible sur une large plage de régimes. Par rapport à la DB11 V8 (503 ch), le gain est significatif et place désormais la DB12 dans une autre catégorie de puissance.
La transmission est assurée par une boîte automatique ZF à 8 rapports, couplée à un différentiel arrière à glissement limité. La DB12 est une propulsion, ce qui contribue à son caractère dynamique affirmé. Trois modes de conduite sont disponibles : GT, Sport et Sport+. Chacun agit sur la cartographie moteur, la suspension adaptative, la direction et le comportement de l’ESP. Un quatrième mode “wet” (pluie) est également accessible pour adapter la voiture aux conditions glissantes.
Performances et consommation
Les chiffres constructeurs sont les suivants :
- 0 à 100 km/h : 3,6 secondes
- Vitesse maximale : 325 km/h
- Consommation mixte WLTP : environ 12,5 L/100 km
- Émissions de CO2 : environ 285 g/km (norme WLTP)
La consommation réelle en conduite mixte tourne plutôt autour de 14 à 16 L/100 km, ce qui reste cohérent avec la cylindrée et le niveau de performance. En conduite sportive appuyée, le chiffre monte nettement. C’est un point à intégrer dans le budget d’utilisation.
Dimensions, poids et habitabilité
- Longueur : 4 725 mm
- Largeur : 1 978 mm (hors rétroviseurs)
- Hauteur : 1 285 mm
- Empattement : 2 805 mm
- Poids à vide : 1 760 kg environ
- Volume de coffre : 208 litres
Le coffre de 208 litres est modeste mais suffisant pour un week-end à deux avec des bagages raisonnables. Les places arrière existent officiellement, mais elles sont mieux adaptées à de jeunes enfants ou à des bagages supplémentaires qu’à des adultes pour un long trajet. En revanche, les deux places avant sont généreuses et bien dessinées pour absorber les longs parcours.
Design extérieur et intérieur : ce qui a changé par rapport à la DB11
Carrosserie : une ligne affinée et plus musclée
La DB12 reprend les grandes proportions de la DB11 mais avec une exécution plus tendue. Le capot moteur a été revu pour afficher des lignes plus incisives, les boucliers avant et arrière sont entièrement nouveaux, et les custodes latérales intègrent des évacuations d’air redessinées. La signature lumineuse avant évolue avec des feux à LED pleine largeur qui affinent visuellement la proue.
Les proportions restent typiquement celles d’une GT britannique : long capot, habitacle court, arrière court. La DB12 est disponible en coupé (Volante cabriolet annoncé dans la foulée). La palette de couleurs est large, avec des teintes spécifiques disponibles via le programme de personnalisation Aston Martin Q, qui permet une personnalisation très poussée pour les clients qui souhaitent une configuration unique.
Habitacle : l’écran central et la nouvelle planche de bord

C’est à l’intérieur que la rupture est la plus franche. La DB11 souffrait d’une interface multimédia vieillissante héritée de Mercedes. La DB12 adopte un écran central de 10,25 pouces orienté vers le conducteur, associé à une interface logicielle développée en interne. Le résultat est nettement plus lisible et réactif, même si l’ergonomie demande un temps d’adaptation.
La planche de bord a été entièrement repensée avec un bloc de commandes centrales en métal usiné, des matériaux de qualité (cuir, aluminium, fibre de carbone en option) et une attention portée aux coutures et finitions. Le volant à méplat et les palettes de changement de vitesse en métal participent à l’ambiance sportive sans sacrifier le raffinement. Le système audio Bowers & Wilkins disponible en option est une référence dans la catégorie.
Au volant de l’Aston Martin DB12 : entre confort de GT et frissons sportifs

Sur route ouverte : le grand tourisme dans toute sa dimension
En mode GT, la DB12 se transforme en compagnon de voyage discret et efficace. La suspension adaptative filtre convenablement les irrégularités de la route, le V8 tourne à bas régime sans effort, et l’insonorisation permet de tenir une conversation normale à 130 km/h sur autoroute. C’est précisément ce qu’on attend d’un grand tourisme : couvrir des kilomètres sans fatigue, avec un sentiment de sérénité que peu de voitures savent procurer.
La position de conduite est basse, la visibilité vers l’avant est bonne, et le siège maintient confortablement sur plusieurs heures. C’est dans cet usage que la DB12 tient le mieux ses promesses de “super tourer”.
En mode sport : quand le V8 se réveille vraiment
Passer en mode Sport ou Sport+ change radicalement la donne. Le V8 durcit sa réponse à l’accélérateur, les rétrogradages deviennent plus francs, et la sonorité change de registre. Le moteur AMG a une voix bien particulière : plus grave et plus rauque qu’un V8 américain, moins stridente qu’un flat-six de Stuttgart. C’est une sonorité qui a du caractère sans être agressive.
Avec 680 chevaux sur les roues arrière, la DB12 demande du respect dans les reprises. L’ESP laisse une certaine liberté en mode Sport, suffisante pour sentir le différentiel travailler à la sortie des virages. La direction est précise, le châssis bien équilibré, et la voiture donne confiance assez rapidement. Ce n’est pas une voiture difficile, mais c’est une voiture qui récompense l’engagement.
Les points perfectibles à ne pas ignorer
Quelques limites méritent d’être mentionnées honnêtement :
- La visibilité arrière est limitée par le toit plongeant et les montants épais. Le recours aux caméras de recul est quasi obligatoire en manoeuvre.
- La consommation en conduite sportive dépasse allègrement les 20 L/100 km. À prévoir si vous comptez utiliser les 680 chevaux régulièrement.
- L’écran central de 10,25 pouces représente un progrès réel, mais certains réglages restent enfoncés dans des sous-menus. À l’usage, les habitués de systèmes plus intuitifs (CarPlay, interface Porsche) peuvent trouver la navigation un peu laborieuse.
- Les places arrière sont symboliques pour des adultes. Inutile de chercher à y caser des passagers adultes sur un long trajet.
- La fiabilité à long terme reste un point de vigilance historique sur les Aston Martin. La marque a fait des progrès, notamment grâce aux composants partagés avec Mercedes-AMG, mais le suivi régulier en centre agréé est indispensable.
Aston Martin DB12 vs ses concurrentes directes : qui choisir ?
DB12 vs Porsche 911 Turbo S : le duel du quotidien sportif
La Porsche 911 Turbo S est l’étalon de cette catégorie en termes de polyvalence et de fiabilité. Elle offre des performances comparables (650 ch, 0-100 en 2,7 secondes avec la transmission intégrale), une praticité supérieure (4 places réelles, coffre avant et arrière) et une réputation de robustesse sur le long terme qui n’est plus à démontrer.
La DB12 répond par l’exclusivité, la sonorité V8 et une présence visuelle que la Porsche, malgré son statut, ne peut égaler. Si vous cherchez la voiture la plus rationnelle et la plus polyvalente, la 911 Turbo S s’impose. Si vous voulez quelque chose de plus singulier, l’Aston mérite sa place dans la réflexion.
| Critère | Aston Martin DB12 | Porsche 911 Turbo S |
|---|---|---|
| Puissance | 680 ch | 650 ch |
| 0-100 km/h | 3,6 s | 2,7 s |
| Transmission | Propulsion | Intégrale |
| Prix de base (France, 2026) | Environ 260 000 € | Environ 230 000 € |
| Places arrière | Symboliques | Utilisables |
DB12 vs Ferrari Roma : la rivalité italienne
La Ferrari Roma joue dans un registre différent. Elle est plus radicale dans son positionnement sportif, avec un V8 biturbo de 620 chevaux et une ergonomie pensée davantage pour la conduite que pour le confort. La Roma est plus légère, plus affûtée et porte un badge qui reste une référence émotionnelle à part entière.
La DB12 se positionne en alternative plus civilisée : elle est plus confortable sur l’autoroute, son habitacle est plus spacieux et plus modulable au quotidien, et son prix de base est légèrement plus élevé. Le choix entre les deux dépend surtout de ce qu’on attend de sa GT : une machine à émotions pures (Roma) ou un compagnon de route plus complet (DB12).
DB12 vs Bentley Continental GT : le grand tourisme contre le grand confort
La Bentley Continental GT s’adresse à un profil d’acheteur différent. Son W12 (ou V8 selon la version) tourne en souplesse, son habitacle est plus vaste et plus orienté luxe, et sa réputation de fiabilité est solide. Elle pèse cependant près de 2 300 kg, ce qui se ressent dans le dynamisme.
La DB12 est plus sportive, plus légère, et plus engagée dans son comportement dynamique. Si le confort absolu et la discrétion sont la priorité, la Continental GT s’impose. Si on cherche une GT qui garde un vrai caractère sportif, la DB12 est plus cohérente dans cet usage.
Prix de l’Aston Martin DB12 : neuf, occasion et leasing en 2026
Prix neuf et options principales
En France, le prix de base de l’Aston Martin DB12 coupé débute aux alentours de 260 000 euros TTC en 2026. Ce tarif correspond à une version de base déjà bien équipée (suspension adaptative, écran central, modes de conduite, aide au stationnement), mais la facture monte rapidement avec les options.
Parmi les options les plus courantes :
- Pack Premium : sièges chauffants et ventilés, tête haute, caméra 360° (environ 8 000 à 12 000 €)
- Système audio Bowers & Wilkins : environ 6 000 €
- Peinture spéciale ou satin : de 4 000 à 10 000 € selon la teinte
- Jantes forgées : environ 5 000 €
- Programme Aston Martin Q : personnalisation sur mesure, tarif variable
Une configuration réaliste avec les options les plus demandées dépasse souvent les 290 000 à 300 000 euros. Consultez le configurateur officiel Aston Martin pour construire votre propre version.
Marché de l’occasion : ce qu’on trouve en 2026
La DB12 est sortie en 2023, ce qui signifie que les premiers exemplaires d’occasion disponibles en 2026 affichent entre 5 000 et 30 000 km. Les prix constatés sur le marché tournent autour de 210 000 à 240 000 euros pour des véhicules de 2023-2024, selon le kilométrage, les options et l’état général.
Points de vigilance à l’achat en occasion :
- Vérifier l’historique d’entretien complet en réseau agréé Aston Martin
- S’assurer que la garantie constructeur est encore active ou transférable
- Contrôler l’état des pneumatiques (usure rapide en conduite sportive)
- Tester tous les systèmes électroniques : suspension adaptative, modes de conduite, interface multimédia
Quelques annonces sérieuses sont disponibles sur des plateformes comme La Centrale ou AutoScout24, mais ce type de voiture se traite souvent directement via des concessionnaires spécialisés en véhicules de prestige.
Leasing et financement : les solutions pour accéder à la DB12
La LOA (location avec option d’achat) et la LLD (location longue durée) sont des solutions de plus en plus utilisées pour accéder à ce type de voiture. Les mensualités indicatives pour une DB12 en LOA sur 48 mois avec un apport de 30 % tournent autour de 3 500 à 4 500 euros par mois, selon la valeur résiduelle retenue et le kilométrage contractuel. Ces chiffres varient selon les concessionnaires et les conditions de financement en vigueur.
Les conditions habituelles incluent un kilométrage annuel limité (souvent 15 000 à 20 000 km), un apport initial conséquent, et des frais d’entretien parfois intégrés selon les formules. Avant de signer, il est recommandé de comparer plusieurs offres et de lire attentivement les conditions de restitution. Pour en savoir plus sur le fonctionnement de ce type de contrat, consultez notre article comment fonctionne la LOA pour une voiture de luxe.
Les prix de leasing varient selon les concessionnaires et les périodes ; il est conseillé de demander un devis personnalisé directement auprès d’un point de vente agréé Aston Martin.
Notre avis sur l’Aston Martin DB12 : pour qui est-elle vraiment faite ?
La DB12 est une voiture qui a de vraies qualités. Le moteur V8 AMG est une réussite : puissant, sonore, et suffisamment souple pour rester agréable en usage quotidien. L’habitacle revu est un progrès tangible par rapport à la DB11, et la dynamique de conduite trouve un bon équilibre entre confort de GT et plaisir sportif. Sur ce terrain, la DB12 tient ses engagements.
Mais elle n’est pas sans défauts. La fiabilité à long terme reste un sujet que les propriétaires d’anciennes Aston Martin connaissent bien, et même avec des composants Mercedes intégrés, la vigilance s’impose. Les coûts d’entretien sont élevés, la consommation réelle en conduite sportive est notable, et les places arrière ne méritent pas vraiment leur nom.
Points forts :
- V8 biturbo 680 ch, performances et sonorité au rendez-vous
- Habitacle modernisé, matériaux de qualité
- Comportement dynamique équilibré entre GT et sport
- Exclusivité et présence visuelle réelles
- Programme de personnalisation Q très complet
Points à surveiller :
- Fiabilité et coûts d’entretien à anticiper
- Visibilité arrière limitée
- Consommation en usage sportif
- Interface multimédia perfectible malgré les progrès
- Places arrière inutilisables pour des adultes
La DB12 s’adresse à un acheteur qui veut une GT avec du caractère, une présence qui se distingue de la Porsche ou de la Ferrari, et qui accepte de faire quelques concessions sur la praticité et les coûts d’usage. Ce n’est pas la voiture la plus rationnelle du segment, mais elle offre une expérience que peu de ses rivales peuvent proposer de manière aussi complète.







