L’histoire de Peugeot 1ere moitié du XXème siècle

Au sommaire
  1. Peugeot au début du XXème siècle
  2. Peugeot pendant la première guerre
  3. Peugeot dans l'entre-deux guerres
  4. Peugeot pendant la 2nde guerre mondiale

Cet article est la suite de l’histoire de Peugeot commencée ici.

Peugeot au début du XXème siècle

Peugeot entama le XXème siècle en produisant 500 véhicules par an, 20 000 bicyclettes, 100 tonnes de buscs et 6 tonnes de ressorts de pince-nez. En 1901, le Type 36 fut mis au point et produit à 111 exemplaires : il existait une version Spider 3 places et un tonneau 4 places. Ce nouveau modèle avait pour caractéristiques d’être doté d’un nouveau moteur monocylindre vertical et surtout d’un capot avant avec, à la place du guidon, une direction à volant avec une colonne de direction inclinée. En outre, à la place du système à secteur et chaîne, cette automobile disposait d’un système de vis et écrou. Cette même année, la première moto Peugeot de 1,5 ch vit le jour et, à la fin de l’année, les 1ères Peugeot à moteur 4 cylindres furent présentées au Salon de l’automobile de Paris.

Peugeot type 36

Type 36 voiturette de 1901

En 1902, une rénovation complète de la gamme de la marque fut entamée avec, comme base, la Type 36 ; tous les anciens modèles qui restaient en vente à ce moment-là ne l’étaient que pour écouler les stocks. Le siège des automobiles Peugeot fut déplacé à Levallois, les usines de Fives-Lille et d’Audincourt employaient respectivement 600 et 800 salariés et, dans les Alpes-Maritimes, une 20 cv grimpa la côte de la Turbie à 40 km/h pendant qu’un camion de la marque reçut un prix national.

En 1903, la gamme d’Armand fut simplifiée et seuls 6 Types restèrent dans le catalogue : 3 modèles à moteur 4 cylindres (le Type 42, 43 et 44), un modèle bicylindres (le Type 50) et 2 modèles à moteur monocylindre (les Type 54 et 56). Cette année-là, la première moto Peugeot 5 cv fut présentée. A partir de 1904, Armand renouvela sa gamme tous les ans, quasiment jusqu’à la 1ère guerre mondiale. Courant du mois de décembre, la « Bébé » (Type 69) à moteur monocylindre vertical fut présenté au Salon de Paris. De leur côté, les Fils de Peugeot frères mirent au point leur première automobile.

Peugeot bébé

La "Bébé" de 1913

En 1905, l’automobile des Fils des Peugeot frères vit le jour : il s’agissait d’une Lion-Peugeot monocylindre, puis bicylindre en V, dévoilée au Salon de l’automobile de Paris en décembre. A noter que leur automobile, petite et populaire, n’entrait pas en concurrence avec les véhicules produits par Armand dans la mesure où celui-ci s’orientait à ce moment-là vers des auto plus ambitieuses. Eugène, qui disparut 2 ans plus tard, tenta alors de se rapprocher de son cousin Armand, en vain.

En 1907, les premières motocyclettes légères de 1,75 ch furent produites, les « Etablissements Peugeot & Cie » fut constituée, l’usine de Pont-de-Roide dans le Doubs se développait de plus en plus et, en mars, une Lion-Peugeot remporta la coupe des voiturettes avec le pilote Guippone. L’année suivante, la production d’Automobile Peugeot et celle des Fils de Peugeot frères atteignirent 2 200 unités. En outre, les Lion Peugeot remportèrent des victoires importantes en compétition et en particulier la Targa Florio, toujours avec Giuppone, en 1908 et 1909, et la coupe des voiturettes.

C’est en 1910 que les 2 sociétés existantes fusionnèrent pour former la « Société anonyme des automobiles et cycles Peugeot » avec comme directeur Robert Peugeot ; cependant, les 2 gammes cohabitèrent jusqu’en 1914. L’année suivante, Peugeot signa un accord avec Ettore Bugatti pour coopérer sur la conception d’une voiture populaire.

Peugeot bugatti electrique

La "Peugeot-Bugatti" électrique, pour enfant, sortie en 1927

En 1912, Boillot, qui courrait sur une Peugeot L76, remporta le grand prix de l’ACF : à noter que la L76 est la première voiture au monde a être dotée d’un moteur à 4 arbres à cames en tête et 4 soupapes par cylindre. Cette même année, la construction de l’usine de Sochaux débuta. En décembre, la Peugeot « Bébé » 2ème du nom (Type BP1) , conçue par Bugatti, fut présentée au Salon de Paris. Très différente de la 1ère Bébé, cette voiture disposait de 6 cv et fut produite à 3 095 unités dans l’usine de Beaulieu, jusqu’en 1916.

En 1913, Jules Goux remporta les 500 Miles d’Indianapolis sur une Peugeot. Cette victoire historique donna naissance à la légende du fameux moteur 4 cylindres Offenhauser : il dérivait du 4 cylindres double arbre à 4 soupapes par cylindre des Peugeot victorieuses, qui firent carrière aux 500 Miles pendant plus de 60 ans. En outre, Goux battit le record de l’heure départ arrêté à 170,558 km/h. Par ailleurs, Boillot remporta le Grand Prix d’Amiens en juillet, sur une Peugeot L56. Entre 1911 et 1913, la production tripla : avec ses 9 338 automobiles produites, la marque représentait alors 50% de la production française et 20% du marché national.

Peugeot pendant la première guerre

En 1914, la SA des automobiles et cycles Peugeot employait 2 500 personnes et produisait 10 000 automobiles et 80 000 bicyclettes par an, dans les usines d’Audincourt, Beaulieu, Lille et Valentigney. En 1915, Armand, qui avait fondé la branche des automobiles, décéda. L’année suivante, une L45 Peugeot fut victorieuse aux 500 Miles d’Indianapolis, avec Dario Resta au volant. En France, Robert Peugeot acheta de nouveaux terrains à Sochaux-Montbéliard. En 1918, la forge de Sochaux fut construite.

Entre 1914 et 1918, l’usine de Lille fut occupée et les autres durent participer à l’effort de guerre. Au total, elles fournirent 1 000 motocyclettes, 63 000 bicyclettes, 3 000 automobiles, 6 000 camions, 1 400 moteurs d’avion et 6 millions de bombes et obus. En outre, le Bulletin des usines fut créé : il s’agissait du premier journal d’entreprise français, qui devint par la suite Le Courrier des usines, puis Vite et loin, Peugeot magazine en 1981 et enfin le Planète Groupe en 1998.

Peugeot dans l’entre-deux guerres

En 1919, une fonderie fut construite à Sochaux, Peugeot gagna une fois de plus les 500 Miles d’Indianapolis avec Wilcox, et la Peugeot 10 cv (Type 163) et la Quadrilette (Type 161, cyclecar économique) furent présentées. L’année suivante Peugeot présenta un moteur sans soupape à 6 cylindres : la 25 cv (Type 156).

Peugeot type 161 quadrilette

La type 161 quadrilette de 1921

En 1921, la construction de la Quadrilette fut lancée de même que celle de la Type 153, à Beaulieu. En 1923, Peugeot proposa des freins sur les 4 roues pour tous ses modèles, de série ou en option, et dépassa pour la première fois les 10 000 automobiles produites par an.

En 1925, Boillot remporta à nouveau la Targa Florio, cette fois sur une Peugeot sans soupape. Côté production, la marque dépassa les 20 000 automobiles par an et la 100 000ème voiture sortit des usines. L’année suivante la Société des automobiles et des cycles Peugeot éclata en deux entités : « Automobiles Peugeot » d’un côté et « Cycles Peugeot » de l’autre. Un atelier de carrosserie fut construit à Sochaux et en octobre le Salon de Paris put apprécier la carrosserie dite Lumineuse sur la 9 cv Type 177 M : elle préfigurait le toit ouvrant dont Peugeot resta longtemps l’incontestable spécialiste.

En 1927, Peugeot commença le laminage à froid de l’acier inoxydable dans le Doubs, à Pont-de-Roide. L’année suivante marqua le début de la construction en série et de la concentration des moyens de production sur le site de Sochaux-Montbéliard, le tout sous l’impulsion de Jean-Pierre Peugeot (1896-1966). En outre, le premier moteur diesel sur une Peugeot apparut, amenant l’usine de Lille à se spécialiser en la matière (Compagnie Lilloise de Moteurs, CLM).

En 1929, la première automobile utilisant la nomenclature à « 0″ fut présentée au Salon de Paris : la 6 cv Type 201, connue plus tard comme la 201. A ce moment-là, Peugeot déposa la marque à trois chiffres avec un 0 central. Cette 201, à partir du Salon de 1931, fut surtout la première voiture au monde dotée de roues avant indépendantes en série, particularité qui lui assura un succès important et qui permit à Peugeot de traverser plus facilement la crise économique.

Peugeot 201 cabriolet

Une 201 version cabriolet de 1930

En 1930, la production des bicyclettes atteignit 162 000 unités par an.

En 1932, la fameuse 201 sortit victorieuse du Rallye de Monte-Carlo et la production de la 301 commença. Malgré la 201, la crise se ressentit sur la production de Peugeot : elle passa de 43 000 unités en 1930 à 33 000 en 1931 puis à 28 000 en 1932. Elle remonta  finalement à 36 000 unités dès 1933. Cette même année, Peugeot lança une ligne aérodynamique pour l’ensemble de la gamme, singularisée par une calandre en coupe-vent légèrement inclinée, des phares obus et des ailes enveloppantes à bas-volets. En outre, la 301 aérodynamique apparut, dotée d’un arrière profilé : « robe à traîne ». Enfin les premiers outils électriques Peugeot furent lancés.

L’année 1934 vit apparaître la 601, une 6 cylindres haut-de-gamme et la première automobile à toit escamotable sur châssis 401 : l’Eclipse. Cette première avait été réalisée en collaboration avec le designer Paulin, le concessionnaire Peugeot Darl’mat et le carrossier Pourtout, et elle déboucha sur la production en série d’une des automobiles les plus originales au niveau mondial. D’ailleurs, l’idée fut ensuite reprise dans les années 50 par Ford, dans les années 90 par Mercedes-Benz avant d’être remise au goût du jour en 1998 par Peugeot avec la « 20 coeur » (Salon de Genève 1999).

Peugeot 601 coupe

Une 601 D version coupé transformable de 1935

A la fin de l’année, Peugeot lança la 401 au Salon de Paris et adopta la « queue de castor » pour toutes les conduites intérieures de la gamme. Enfin un moto de 500 cc, la 515, battit trois records du monde.

Peugeot 515 des records

La 515 des records de 1934

En 1935, c’est la 402 qui fut la vedette du Salon de Paris : elle marqua un tournant dans l’histoire de Peugeot grâce à sa carrosserie aérodynamique en série. C’est la fameuse « fuseau Sochaux » : des lignes fluides, une calandre en écu et des phares derrière la grille de calandre. Par ailleurs, il existait également une version semi-automatique de la 402, avec une boîte électro-mécanique Cotal. La ligne « fuseau Sochaux » fut adoptée par la 202 en 1936, année de lancement des motos 500, 350 et 175 cc, et des vélomoteurs 100 cc.

Peugeot 402 eclipse

Une 402 coupe transformable de 1937

En 1938, Peugeot dévoila la 202, la production atteignit les 500 000 unités par an, représentant un quart de la production nationale, le nombre des salariés de Sochaux avoisinait les 13 000 et, en juin, la 402 Darl’mat fut victorieuse aux 24 heures du Mans pour la classe 1 500 à 2 000 cc.

Peugeot pendant la 2nde guerre mondiale

En 1939, dans le cadre des plans de mobilisation pour la guerre, la fabrication située à Sochaux fut transférée à Bordeaux-Marignac, car trop près de la frontière allemande. L’année suivante, les allemands occupèrent les usines de Sochaux : 500 camionnettes par mois furent produites sous leur tutelle et les usines furent placées sous la responsabilité de Ferdinand Porsche.

En 1941, pour tenter de lutter contre les restrictions en matière de carburant et de s’y adapter, Peugeot présenta une voiturette électrique dite « VLV », fabriquée en région parisienne. En 1943, dans la nuit du 15 au 16 juillet, les Lancaster de la Royal Air Force bombardèrent les usines de Sochaux, provoquant la mort de 125 personnes et blessant 250 autres parmi la population locale ; des équipes de sabotages furent également mises en place. Les cadres, ouvriers et directeurs résistants furent déportés en Allemagne.

Peugeot VLV

La "VLV" de 1941

En 1944, la Première Armée du général de Lattre de Tassigny libéra les usines et la ville de Sochaux.

Au final, en 1945, les ateliers étaient complètement détruits et l’usine pillée : seuls 9 400 salariés travaillaient encore à Sochaux.

Lire la suite de l’histoire de Peugeot au XXème siècle ici.

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2 réponses à L’histoire de Peugeot 1ere moitié du XXème siècle

  1. Excellent article! Très bon boulot. Je voudrais juste rajouter que sur la 402 deux systèmes de boite automatique étaient disponibles, la Cotal que tu l’a écris et celle de Gaston Fleischel mais trop cher elle ne trouvera pas son public (supplément de 6000 francs).

    • Marguerite dit :

      Merci pour votre commentaire et surtout pour les précisions ! Il faut dire que compte-tenu de l’ancienneté de la société Peugeot, il s’agit presque d’un travail d’archive que de trouver toutes les anecdotes, fusions, modifications etc… qui ont eu cours au fil des 200 ans d’histoire de la marque.
      Cordialement,

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