Voiture de collection : où la remiser pour la retrouver intacte au printemps

Voici le témoignage d’un lecteur d’Auto-pedia que l’on m’a fait parvenir à propos du stockage de sa voiture et des problèmes que l’on peut avoir si on ne fait pas ça correctement. Je pense que beaucoup de passionnés sont déjà au courant mais pour les débutant en ancienne, ce sont des conseils qui peuvent éviter une coûteuse restoration ! Place au récit :

La première fois que j’ai laissé ma 504 coupé passer l’hiver dehors, sous une bâche que je croyais miraculeuse, j’ai compris ma bêtise au mois de mars. La condensation avait travaillé tranquillement pendant trois mois, et j’ai retrouvé des points de rouille là où il n’y en avait jamais eu, plus une odeur de moisi dans l’habitacle qui a mis des semaines à partir. Depuis, je ne plaisante plus avec l’endroit où je gare mes anciennes. Une voiture de collection ne s’use pas qu’en roulant. Elle s’use surtout quand elle dort mal.

Le réflexe naturel, c’est le garage à la maison. Et c’est souvent la meilleure solution, à condition qu’il coche les bonnes cases. Un sol sec, une aération qui empêche l’humidité de stagner, une porte qui ferme vraiment et pas de fenêtre qui laisse entrer le soleil toute la journée sur la peinture. Le problème, c’est que le garage idéal existe rarement. Le mien sert aussi de remise à outils, de cave à vélos et de débarras familial, et entre les pots de peinture qui traînent et le va-et-vient permanent, ce n’est pas exactement l’écrin qu’une carrosserie d’époque mérite.

Quand le garage maison ne suffit plus

Il y a un moment où l’on bascule. Soit la voiture prend trop de place et crée des tensions domestiques bien connues des passionnés, soit elle devient assez précieuse pour qu’on ne veuille plus la voir frôlée par une tondeuse. C’est là que beaucoup d’entre nous regardent ailleurs. Le garage d’un copain, le hangar agricole d’un cousin, la grange à la campagne. Ces solutions dépannent, mais elles ont toutes le même défaut : on ne maîtrise ni l’humidité, ni la sécurité, ni l’accès. Combien de belles mécaniques ont fini grignotées par des rongeurs dans une grange parce qu’on les croyait à l’abri ?

C’est précisément pour ça que le stockage dédié séduit de plus en plus de collectionneurs. Louer un emplacement fermé, propre, sec et accessible quand on veut, ça change la donne. Certains réseaux de box de stockage acceptent désormais sans difficulté les véhicules et les motos, avec des surfaces qui vont du petit emplacement au grand box capable d’accueillir un véhicule encombrant. On y gagne un local sain, un accès libre pour venir tourner le moteur, et surtout la tranquillité d’esprit qui manque tant dans une grange improvisée.

Préparer la voiture avant de fermer la porte

Le contenant ne fait pas tout. Une anglaise rangée sale dans le meilleur box du monde ressortira fatiguée. Avant de la remiser, je la lave et je la sèche soigneusement, carrosserie et soubassements compris, parce que la boue séchée retient l’humidité contre la tôle. Un coup de cire protège la peinture pendant les mois d’immobilité. À l’intérieur, on aère, on aspire les miettes qui attirent les nuisibles, et on glisse quelques sachets absorbeurs d’humidité dans l’habitacle.

Côté mécanique, deux ou trois gestes évitent les mauvaises surprises. Le plein de carburant fait pour limiter la condensation dans le réservoir, l’huile et le liquide de refroidissement vérifiés, et une pression de pneus légèrement supérieure à la normale pour retarder l’apparition des méplats. Si la voiture dort longtemps, un chargeur de maintien branché sur la batterie évite de la retrouver à plat et fatiguée. Et le frein à main, justement, on le laisse desserré pour éviter qu’il ne colle, en calant les roues à la place.

Venir la voir, même l’hiver

Le piège, avec une voiture bien rangée, c’est de l’oublier. Une mécanique qui dort six mois sans bouger développe ses propres petits maux : joints qui sèchent, freins qui se grippent, pneus qui s’affaissent toujours au même endroit. L’idéal reste de passer une fois par mois, ne serait-ce que pour démarrer le moteur, le laisser monter en température et avancer la voiture de quelques mètres pour soulager les pneus. C’est aussi un excellent prétexte pour aller la regarder, parce qu’au fond, c’est un peu pour ça qu’on collectionne.

Voilà pourquoi l’endroit où l’on remise compte autant que la voiture elle-même. Un local sec, fermé, accessible quand l’envie nous prend, c’est ce qui sépare la belle au bois dormant qu’on retrouve fringante au printemps de celle qui réclame une remise en état chaque année. Ma 504 m’a appris la leçon. Aujourd’hui elle hiberne au sec, et au premier beau dimanche, elle redémarre du premier coup. C’est tout ce que je lui demande.

Laisser un commentaire