Résumé : Acheter une BMW en Allemagne peut s’avérer tentant, avec des prix souvent plus attractifs et un choix considérable. Mais comment s’assurer de l’historique du véhicule et de son entretien ? Entre vérifications techniques, documents allemands à déchiffrer et démarches d’importation, je vous partage mon expérience et les bonnes pratiques pour éviter les mauvaises surprises. Découvrez aussi pourquoi faire appel à un mandataire peut transformer cette aventure en parcours simplifié.
Mon intérêt pour le marché allemand des BMW
Depuis des années, je consulte régulièrement les annonces de BMW, aussi bien en France qu’en Allemagne. Le pays de la marque à l’hélice regorge de modèles parfois introuvables chez nous, souvent mieux équipés et avec un historique d’entretien exemplaire. La culture automobile allemande accorde une importance particulière au suivi rigoureux des révisions, ce qui donne des véhicules généralement bien entretenus.
J’ai quelques notions d’allemand, suffisantes pour naviguer sur les sites d’annonces comme Mobile.de ou Autoscout24.de, mais je dois avouer que l’aspect législatif de l’importation reste flou pour moi. Entre les normes d’homologation, les certificats de conformité et les démarches administratives françaises, le processus peut rapidement devenir un casse-tête.
Les démarches légales pour importer une BMW d’Allemagne
Le certificat de conformité européen
Pour qu’une voiture allemande soit immatriculable en France, elle doit disposer d’un certificat de conformité européen (COC). Ce document, délivré par le constructeur, atteste que le véhicule respecte les normes européennes. Pour les BMW récentes, ce certificat est généralement disponible. Vous pouvez le demander auprès de BMW France moyennant des frais (environ 150 à 300 euros selon le modèle).
La quitus fiscal
Lors de l’achat d’un véhicule d’occasion dans un autre pays de l’UE, vous devez obtenir un quitus fiscal qui certifie que la TVA a bien été acquittée. Ce document est fourni par le vendeur professionnel allemand. Pour une vente entre particuliers, une attestation sur l’honneur peut suffire, mais attention aux vérifications.
L’immatriculation en France
Une fois le véhicule en France, vous disposez d’un mois pour effectuer la demande de certificat d’immatriculation. Vous devrez fournir :
- Le certificat de conformité (COC)
- Le quitus fiscal
- Le contrôle technique de moins de 6 mois (un contrôle technique allemand est accepté)
- Une pièce d’identité et un justificatif de domicile
- Le certificat de cession allemand traduit par un traducteur assermenté
Ces informations sont confirmées par le site officiel de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés) et le service public français.
Pourquoi passer par un mandataire BMW en Allemagne ?
Face à cette complexité administrative, faire appel à un mandataire BMW en Allemagne présente de sérieux avantages. Ces professionnels maîtrisent parfaitement les rouages de l’importation et disposent d’un réseau étendu chez nos voisins germaniques.
Un gain de temps considérable
Le mandataire s’occupe de toutes les démarches administratives : obtention du certificat de conformité, vérification du quitus fiscal, organisation du transport et préparation du dossier d’immatriculation. Vous évitez ainsi des semaines de recherches et de démarches fastidieuses.
L’accès à un réseau professionnel
Les mandataires entretiennent des relations privilégiées avec des concessionnaires et des négociants allemands sérieux. Ils peuvent dénicher des véhicules qui ne sont pas forcément visibles sur les sites d’annonces grand public. Leur connaissance du marché leur permet également de négocier des prix compétitifs.
La sécurité de la transaction
Un mandataire sérieux vérifie systématiquement l’historique du véhicule avant tout achat. Il s’assure que la voiture n’a pas été accidentée, qu’elle ne fait l’objet d’aucun gage et que son kilométrage est authentique. Cette vérification préalable vous protège contre les arnaques malheureusement courantes dans l’import automobile.
Une garantie et un accompagnement
Beaucoup de mandataires proposent une garantie sur les véhicules importés et assurent un suivi après-vente. En cas de problème administratif ou technique, vous avez un interlocuteur francophone qui peut intervenir rapidement.
Vérifier l’historique d’une BMW allemande
Le Fahrzeugbrief et le Fahrzeugschein
En Allemagne, deux documents principaux constituent la carte grise : le Fahrzeugbrief (carte grise partie 1, équivalent du certificat d’immatriculation) et le Fahrzeugschein (carte grise partie 2, équivalent du certificat d’immatriculation). Ces documents contiennent l’historique des propriétaires et les dates d’immatriculation successives.
Un nombre élevé de propriétaires sur une courte période peut être un signal d’alerte. À l’inverse, une BMW restée dans la même famille pendant des années est généralement gage de soin et d’attachement au véhicule.
Le carnet d’entretien (Serviceheft)
Le Serviceheft est le carnet d’entretien allemand. Les BMW bénéficiant du réseau de concessionnaires et d’ateliers agréés BMW très dense en Allemagne, vous trouverez souvent des carnets d’entretien complets avec tampons et factures détaillées.
Vérifiez que les révisions correspondent au préconisations BMW (généralement tous les 15 000 à 30 000 km selon les motorisations). Un carnet bien tenu avec des factures d’entretien est un excellent indicateur de la fiabilité future du véhicule.
Le rapport DEKRA ou TÜV
En Allemagne, le contrôle technique s’appelle le TÜV (ou DEKRA selon l’organisme). Ce contrôle est très rigoureux et constitue une référence en Europe. Un véhicule qui vient de passer son TÜV sans remarque majeure est généralement en bon état mécanique.
Demandez toujours le dernier rapport de contrôle. Les Allemands conservent généralement tous ces documents, ce qui permet de retracer l’évolution de l’état du véhicule sur plusieurs années.
Les bases de données allemandes
Plusieurs services en ligne permettent de vérifier l’historique d’un véhicule allemand :
CARFAX Allemagne propose des rapports détaillés sur l’historique des véhicules, incluant les accidents déclarés, les opérations d’entretien enregistrées et les changements de propriétaires. Le service est payant (environ 30 euros par rapport) mais peut éviter des achats catastrophiques.
DAT SilverDAT est une base de données professionnelle utilisée par les concessionnaires allemands. Certains vendeurs acceptent de fournir un extrait de cette base qui indique la côte du véhicule et son historique d’entretien s’il a été suivi en concession.
Le contrôle du kilométrage
Le trucage de compteur est malheureusement une pratique qui existe, même en Allemagne. Plusieurs indices permettent de détecter une fraude :
- Comparez le kilométrage avec les rapports TÜV successifs (le kilométrage est noté à chaque contrôle)
- Vérifiez l’usure des pédales, du volant et du levier de vitesse par rapport au kilométrage affiché
- Consultez les factures d’entretien qui mentionnent souvent le kilométrage lors de l’intervention
- Utilisez le service CARFAX qui détecte les incohérences kilométriques
L’inspection technique avant l’achat
Faire appel à un expert automobile
Si vous ne passez pas par un mandataire, je recommande vivement de faire inspecter le véhicule par un expert indépendant avant l’achat. Plusieurs sociétés proposent ce service en Allemagne, comme DEKRA ou TÜV qui réalisent des inspections pré-achat (Gebrauchtwagen-Check) pour environ 100 à 200 euros.
L’expert vérifie :
- L’état de la carrosserie et la présence éventuelle de corrosion
- Le fonctionnement de tous les équipements électroniques (très important sur les BMW modernes)
- L’état mécanique du moteur, de la transmission et des trains roulants
- La conformité du véhicule avec sa description dans l’annonce
Les points spécifiques à vérifier sur les BMW
Ayant restauré plusieurs voitures anciennes, je sais que chaque marque a ses faiblesses. Sur les BMW, certains points méritent une attention particulière :
Les moteurs diesel N47 et N57 (série 1, 3 et 5 produites entre 2007 et 2014) peuvent souffrir d’un problème de chaîne de distribution. Vérifiez qu’un changement préventif a été effectué ou budgétez cette opération (1500 à 2500 euros).
Les joints de culasse sur les moteurs 6 cylindres en ligne, notamment les N52 et N53, peuvent présenter des fuites d’huile. Inspectez minutieusement le compartiment moteur.
Les systèmes électroniques : les BMW modernes regorgent d’électronique. Testez absolument tous les équipements (sièges électriques, toit ouvrant, système audio, aide au stationnement, etc.). Une réparation électronique peut coûter très cher.
Le système de refroidissement : sur les modèles plus anciens (E36, E46, E39), les durites et le radiateur en plastique peuvent devenir fragiles avec le temps.
Mon expérience personnelle et mes recommandations
Ayant grandi dans les années 80 et 90, j’ai vécu l’époque où les BMW étaient de véritables références en matière de plaisir de conduite. Ma première voiture, une 205 GTI, m’a certes ancré dans l’univers des petites sportives françaises, mais j’ai toujours admiré les BMW pour leur style et les modèles propulsion avec des motorisations intéressantes.
Si je devais acheter une BMW en Allemagne aujourd’hui, je choisirais sans hésiter de passer par un mandataire sérieux pour une première expérience. Le temps gagné et la sécurité apportée valent largement les frais de service, généralement compris entre 500 et 1500 euros selon le prix du véhicule.
Pour les passionnés disposant de temps et maîtrisant mieux l’allemand que moi, l’achat en direct peut être une aventure enrichissante, à condition de :
- Se déplacer en Allemagne pour inspecter le véhicule
- Faire réaliser un contrôle pré-achat par un expert
- Vérifier scrupuleusement tous les documents
- Prévoir un budget pour les imprévus administratifs
Le marché allemand offre de belles opportunités pour qui sait chercher. Les BMW y sont souvent mieux entretenues qu’en France, avec des carnets d’entretien complets et des kilométrages cohérents. C’est particulièrement vrai pour les modèles sportifs M ou les séries limitées qui bénéficient d’un suivi exemplaire outre-Rhin.
Conclusion
Acheter une BMW en Allemagne représente une opportunité intéressante pour trouver un modèle rare ou bénéficier d’un meilleur rapport qualité-prix. La vérification de l’historique et de l’entretien passe par l’analyse minutieuse des documents allemands (Fahrzeugbrief, Serviceheft, rapports TÜV) et l’utilisation de bases de données spécialisées comme CARFAX.
Les démarches d’importation, bien que légales et encadrées au sein de l’Union européenne, demandent de la rigueur et de la patience. Pour ma part, malgré mon expérience en mécanique et ma passion pour les voitures anciennes, je reconnais la valeur ajoutée d’un mandataire pour naviguer dans cette complexité administrative.
Que vous choisissiez l’aventure en solo ou l’accompagnement professionnel, l’essentiel reste de ne jamais précipiter un achat et de toujours privilégier un véhicule dont l’historique est transparent et vérifiable. La voiture n’est pas qu’un simple outil de déplacement, c’est un art de vivre qui mérite qu’on y consacre le temps nécessaire pour faire le bon choix.







